S’il est très compliqué, et très risqué pour les personnes concernées, de participer à des scènes de liesse en Iran à l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, les rassemblements festifs de membres de la diaspora se sont en revanche multipliés dans le monde entier pour célébrer cette nouvelle (ici à Tbilissi, Géorgie, des soutiens de Reza Pahlavi, devant l’ambassade iranienne).
Giorgi Arjevanidze/AFP
En rompant l’équilibre qui a longtemps existé entre la religion et le commerce, la République islamique d’Iran a semé les graines de la crise actuelle.
Rassemblement « Free Iran » à Los Angeles, le 11 janvier 2026. Les manifestants réclament de Donald Trump qu’il passe résolument à l’action contre le régime de la République islamique, dont la répression aurait déjà fait des milliers de morts en moins de deux semaines.
Jonathan Alcorn/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
En Iran, Donald Trump pourrait s’inspirer du modèle afghan de la fin 2001 : Washington avait obtenu la chute des talibans en armant des groupes locaux et en les soutenant par une campagne de frappes aériennes.
Attaque du carré des décabristes par le régiment des gardes à cheval le 14 décembre 1825, Vassili Timm, 1853.
Wikipédia
Il y a 200 ans, les décembristes ont failli emmener la Russie dans une voie très différente de celle que le pays allait suivre…
Le mouvement Gen Z a contraint à la démission le président de la république de Madagascar Andry Rajoelina, en octobre 2025, qui a dû fuir le pays.
Luis Tato/AFP
De Mai 68 à la Génération Z, un même souffle contestataire stimule la vie démocratique et rappelle que le changement social peut venir d’« en bas ».
Des militaires ralliés au mouvement hostile au pouvoir sont accueillis avec jubilation par les habitants à Antananarivo, le 12 octobre 2025. La scène est filmée par des dizaines de smartphones : à Madagascar comme ailleurs, désormais, « the revolution will be TikToked ».
Matthieu Rondel/AFP
L’application à la crise politique malgache des outils des sciences de l’information et de la communication permet d’appréhender pleinement la puissance devenue essentielle des réseaux sociaux.
Manifestation du 9 septembre 2025, à Katmandou. Les jeunes, qui constituent la majeure partie des protestataires, reprennent volontiers à leur compte des références culturelles visuelles de la génération Z, présentes dans de nombreux mouvements de par le monde, comme cette tête du mort tirée du très populaire manga One Piece. La pancarte dénonce également l’interdiction de plusieurs réseaux sociaux et appelle à mettre fin au népotisme et à la corruption.
Pratisha Manandhar/Shutterstock
Au Népal, au mépris de la répression, une jeunesse connectée conteste le népotisme, redéfinit les formes de la démocratie et obtient des résultats tangibles.
Une femme frappe un policier avec un bâton de bambou auquel est attaché un drapeau indonésien lors d’une manifestation devant le bâtiment du Parlement à Jakarta, le 28 août 2025.
Bay Ismoyo/AFP
La mort d’un jeune homme, le 28 août, tué par la police lors d’une manifestation à Jakarta, a provoqué la colère populaire contre les forces de l’ordre et, au-delà, contre un système inégalitaire et corrompu.
« La Marche de l’unité », une mobilisation anti-discrimination organisée par des étudiants le 31 décembre 2024 à Dacca, la capitale du Bangladesh.
Munir Uz Zaman/AFP
Monique Selim, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Le gouvernement intérimaire, aux manettes depuis la chute du régime autoritaire de Sheikh Hasina renversé l’été dernier, parviendra-t-il à assurer l’avenir démocratique du pays ? Rien n’est moins sûr…
Façade de supermarché incendié par les émeutiers près de Fort-de-France en Martinique, le 17 octobre 2024.
Philippe Lopez
Des « gilets jaunes » à la révolte actuelle en Martinique comment comprendre les mouvements de lutte contre la vie chère ? Quelles sont les perspectives politiques de ces mouvements ?
Les moyens (auto)destructeurs dont usent les jeunes qui laissent éclater leur rage – en s’en prenant à leurs propres quartiers, comme aux biens publics ou privés – disqualifient jusqu’aux motifs de leurs actions.
Philippe Lopez / AFP
Réinterroger la colère et ses manifestations peut amener à les voir autrement : sous l’angle des « vies brutalisées », dont nous ne percevons que trop souvent les effets sans identifier leurs causes.
Le cinéma français dénonce les violences policières depuis des années.
En 2005, la mort de Bouna Traoré, 15 ans, et de Zyed Benna, 17 ans, le 27 octobre, dans une sous-station électrique à haute tension à Clichy-sous-Bois, en tentant d’échapper à des policiers, provoque trois semaines d’émeutes.
Joel Saget/AFP
En 2005, la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré des suites d’une course-poursuite avec la police avait provoqué d’importantes émeutes. Aujourd’hui, quel est le regard des jeunes de Clichy-sous-Bois sur ces événements ?
Des personnes brûlent des poubelles et bloquent une rue lors d'une manifestation à Paris le 29 juin 2023.
Fiachra Gibbons/AFP
Une chose étonne : au milieu des affrontements, entre les tirs de mortiers et de feux d’artifice, des dizaines de vidéos montrent des émeutiers hilares, amusés de leurs propres gestes et narquois.
Portrait officiel du président Macron brandi à l’envers lors d’une des manifestations, ici à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), du mouvement «&nbso;Bloquons tout » du 10 septembre 2025.
Gaizka Iroz/AFP
Pourquoi « Bloquons tout » a-t-il moins mobilisé qu’attendu ? Pourquoi la grève du 18 septembre pourrait être très suivie ? Les sciences sociales tentent de comprendre les déclencheurs des mobilisations.
Avant le match entre le Pays de Galles et l’Iran au stade Ahmad Bin Ali à Al-Rayyan, le 25 novembre 2022, une supportrice iranienne tient un maillot de l’équipe nationale sur lequel est inscrit le nom de Mahsa Amini, la jeune femme de 22 ans battue à mort après avoir été arrêtée par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire strict de l’Iran. Le supporter à côté d’elle brandit un drapeau sur lequel on peut lire « Woman life freedom », l’un des grands slogans de la révolte en cours en Iran.
Giuseppe Cacace/AFP
En 1919 ; soixante-dix ans plus tard, lors du grand mouvement de 1989 ; et enfin en ce moment même : la jeunesse étudiante chinoise a souvent contesté le régime.
Le soulèvement de la jeunesse iranienne incite le pouvoir à s’appuyer sur des puissances non occidentales qui ne lui reprocheront certainement pas de se livrer à une répression féroce.
Cette image tirée de la vidéo d’un témoin oculaire mise à disposition par l’AFPTV le 27 novembre 2022 montre des manifestants criant des slogans tandis que la police tient ses positions, à Shanghai.
AFPTV/AFP
Emmanuel Véron, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
L’exaspération généralisée de la population chinoise face à la politique « zéro Covid » a donné lieu à un mouvement de contestation d’une ampleur inédite depuis 1989.
Maitre de conférences en sciences de la communication, Chercheur au PREFICS (Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones, Information, Communication, Sociolinguistique), Université Rennes 2