Le spectacle de la catastrophe finit-il par occulter le problème qu’il prétend raconter ?
L’ouvrage de Xenia Fedorova, Bannie, présenté sur le stand de Fayard à côté d’autres livres publiés par cette maison d’édition propriété de Vincent Bolloré, lors du Festival du Livre de Paris 2025, au Grand Palais à Paris, le 12 avril 2025.
Xavier Galiana/AFP
Antoine Marie, École normale supérieure (ENS) – PSL and Maxime Audinet, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Le cas Fedorova est emblématique d’une méthode rhétorique employée par la propagande russe : en appeler à l’esprit critique du public visé pour convaincre celui-ci de se détourner des sources vues comme « officielles » et « dominantes ».
Ouverture du grand format publié par The Economist consacré à Andreï Melnitchenko, présenté comme « l’homme qui pourrait changer la Russie ». Photo : Hanna Heitman.
« The Economist », 9 juillet 2026.
En donnant une large tribune à l’oligarque russe sanctionné Andreï Melnitchenko, « The Economist » interroge la responsabilité des médias face à la guerre en Ukraine.
À travers ses discours, Donald Trump, ici le 27 mars 2026 sur l’un des balcons de la Maison-Blanche, diffuse un « permis de transgression » qui banalise l’insulte, le mépris et la brutalité bien au-delà du champ politique.
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Donald Trump incarne moins une rupture qu’une désinhibition du pouvoir : en banalisant la brutalité, il légitime une grammaire du rapport de force à tous les niveaux.
Capture d’écran de la page d’accueil du site officiel Aliens.gov de la Maison-Blanche. Le texte dit : « Ils marchent parmi nous. »
Whitehouse.gov
La page « Aliens.gov », hébergée sur le site de la Maison-Blanche, joue sur le double sens en anglais du mot « alien » (étranger/extraterrestre) afin de déshumaniser les immigrés clandestins.
Keir Starmer prononce son discours devant la conférence du Parti travailliste le 29 septembre 2021.
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Keir Starmer manque-t-il vraiment de charisme ? À partir d’une analyse de ses discours, la recherche montre que cette qualité relève moins d’un don inné que de techniques rhétoriques et scéniques qui peuvent s’apprendre.
Une fresque anti-islam sur un immeuble à Whiteabbey, au nord de Belfast, en Irlande du Nord, le 12 juin 2026.
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Nigel Farage, à la tête du parti donné favori pour remporter les prochaines législatives au Royaume-Uni, banalise volontairement des slogans jusqu’ici cantonnés aux groupuscules d’extrême droite.
Par l’incertitude qu’ils font peser sur les marchés, les leaders populistes ont tendance à pousser les entreprises à se retirer de leurs pays, ce qui fragilise les chaînes d’approvisionnement.
Les États-Unis sont-ils obsédés par le quotient intellectuel ?
La formule « Trump always chickens out » (TACO), soit « Trump se dégonfle toujours », accompagne désormais chaque commentaire ou presque des annonces du président des États-Unis.
Le 29 janvier 2025, Robert F. Kennedy Jr est auditionné devant le Comité sénatorial des finances en vue de sa nomination au portefeuille de secrétaire à la santé.
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Que révèle le discours politique de Robert F. Kennedy Jr, le controversé secrétaire états-unien à la santé, dont la mission est de « rendre à l’Amérique sa santé » ?
Le 1er avril 2026, Donald Trump s’adresse à ses compatriotes sur la question de l’Iran, expliquant que l’opération Epic Fury est déjà une grande victoire et va bientôt prendre fin, que l’Iran est à genoux et que les prix du pétrole vont rapidement revenir à leur niveau d’avant-guerre.
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Sur l’Iran, Donald Trump se présente comme le seul décideur, sans tenir compte des contre-pouvoirs. Sans tenir compte, non plus, de la réalité des faits sur le terrain.
Le 16 mars 2026, José Antonio Kast lance officiellement la construction de tranchées visant à « endiguer l’immigration clandestine », devant un parterre de soldats du poste frontière avec le Pérou de Chacalluta.
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Le nouveau président, José Antonio Kast, incarne une droite radicale portée par la demande d’ordre, avec un risque de dérive illibérale.
Cette photographie officielle de la Maison-Blanche montre Donald Trump supervisant les étapes de l’opération « Epic Fury » contre l’Iran, depuis Mar-a-Lago, en Floride. Une imagerie soigneusement pensée pour illustrer le fait que le président, homme d’action (il ne porte pas de cravate et a devant lui deux téléphones par lesquels il envoie ses ordres), est seul décideur et comme illuminé par une force intérieure qui atteste qu’il a été élu par la Providence.
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La communication de Donald Trump, spécialement depuis le début de la guerre contre l’Iran, reprend à son compte plusieurs mythes essentiels de la psyché états-unienne.
Donald Trump pendant l’imposition des mains des pasteurs protestants réunis dans le bureau Ovale afin de prier avec lui, le 5 mars 2026.
Capture d’écran Youtube
Pour justifier l’intervention en Iran, ses partisans convoquent ouvertement un argumentaire fondé sur une lecture millénariste de la Bible. Mais tous les chrétiens ne partagent pas cette vision des choses.
Donald Trump s’adresse à la presse, depuis le bureau Ovale, à côté d’une carte du « golfe d’Amérique », le 26 mars 2025 à Washington, DC.
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La frontière entre communication politique et lois applicables dépend largement de l’attitude des tribunaux, en particulier de la Cour suprême.
Manifestation devant la Maison-Blanche le 28 février, après l’annonce du début de l’intervention en Iran. Les pancartes rappellent à Donald Trump qu’il s’était longtemps vanté d’être « le président de la paix » et exigent la publication intégrale des archives Epstein. L’opération de guerre contre la République islamique iranienne a débuté dans un contexte où les accusations contre le président s’accumulent aux États-Unis dans ce dossier.
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Diversion alors que l’affaire Epstein ne cesse de prendre de l’ampleur ? Volonté de s’inscrire dans l’Histoire ? Quel que soit le calcul de Donald Trump, l’opération « Epic Fury » pourrait se retourner contre lui.
Donald Trump prononce le discours sur l’état de l’Union à la Chambre des représentants du Capitole à Washington, DC, le 24 février 2026.
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Exercice obligé et très attendu chaque année, le discours du président sur l’état de l’Union a été, cette fois, une ode de Donald Trump à lui-même, couplée à une attaque féroce contre ses adversaires.
Une affiche à Times Square, créée par l’organisation Home of the Brave, met en avant la déclaration de Jeffrey Epstein au sujet de Donald Trump, selon laquelle « bien sûr qu’il était au courant pour les filles », le 17 novembre 2025 à New York. C’est la question centrale aujourd’hui : les contacts d’Epstein étaient-ils au courant de ses activités criminelles ?
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Plaider l’ignorance des activités criminelles pour lesquelles Jeffrey Epstein a été condamné en 2008 à une peine de prison ferme apparaît comme une ligne de défense pour le moins fragile.
Professor of International Relations & Political Science at L'École polytechnique, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay