Michèle Studer est une scientifique reconnue dans le domaine de la neurobiologie moléculaire et du développement, forte de plus de 30 ans d’expérience en génétique murine et en biologie du développement du système nerveux. Elle a été formée dans plusieurs laboratoires internationaux de premier plan, d’abord en Italie durant son doctorat, puis au Royaume-Uni, où elle a effectué un postdoctorat au Medical Research Council (MRC), à Londres, consacré à la régulation des gènes HOX. Elle a ensuite développé son propre programme de recherche au King’s College London, où elle a obtenu un MRC Career Development Award pour créer son équipe et étudier les mécanismes moléculaires du développement du cerveau antérieur.

En 2000, elle a rejoint plusieurs mois l’University of California, San Francisco (UCSF) en tant que chercheuse invitée pour approfondir ses travaux sur le développement cortical des mammifères. Elle a ensuite été recrutée comme responsable d’équipe au Telethon Institute of Molecular Medicine (TIGEM), en Italie, où elle a dirigé une plateforme de transgenèse murine et développé plusieurs modèles génétiques ciblant le facteur de transcription COUP-TFI/NR2F1, qui est depuis devenu au cœur de ses recherches.

Elle rejoint ensuite l’Inserm en France, au sein de l’Institut de Biologie Valrose (iBV), en tant que DR2. Elle y obtient une Chaire d’Excellence de l’ANR pour développer un programme consacré aux mécanismes moléculaires et cellulaires qui contrôlent la spécification des sous-types neuronaux au cours du développement cortical, dans des conditions physiologiques et pathologiques. Elle est promue DR1 en 2013, puis DRCE en 2024.

Aujourd’hui, ses recherches visent à décrypter les mécanismes cellulaires et moléculaires à l’origine des troubles du développement cérébral, en particulier ceux associés aux altérations du gène NR2F1. Son équipe étudie des processus fondamentaux tels que la prolifération, la migration et la différenciation neuronales, ainsi que les mécanismes dépendants de l’activité, en combinant modèles murins génétiquement modifiés et modèles humains en 3D, notamment des organoïdes cérébraux et rétiniens. Une part importante de ces travaux porte sur le syndrome BBSOAS (Bosch–Boonstra–Schaaf Optic Atrophy Syndrome), une maladie neurodéveloppementale rare liée à l’haplo-insuffisance de NR2F1.

Cette recherche repose sur une approche intégrative et multidisciplinaire, associant génétique de gain et de perte de fonction, imagerie, traçage de lignage, analyses morphologiques et cellulaires à haute résolution, études comportementales chez la souris, biochimie et criblage moléculaire à haut débit. L’objectif est de comprendre comment les différents programmes cellulaires et moléculaires sont coordonnés au cours du développement pour assurer la mise en place correcte des circuits neuronaux et des fonctions cérébrales et visuelles.

Au-delà de ses activités de recherche, Michèle Studer s’est fortement engagée auprès des patients et de leurs familles. En 2020, elle a fondé NR2F1 France, première association française dédiée aux patients atteints de BBSOAS, puis a contribué plus récemment à la création de NR2F1 Europe, renforçant ainsi les liens entre recherche, communauté médicale, patients et familles à l’échelle européenne.

Experience

  • –present
    Research Director Inserm in Neurobiology, Université Côte d’Azur

Education

  • 1991 
    Istituto di Ricerche Farmacologiche Mario Negri, Milano, Italy, PhD

Honours

Prix Scientifique Camille WORINGER FRM et Prix UCA (Université Côte d’Azur) Prix d’Excellence

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