Le 6 avril 2026, rassemblement à Téhéran devant une affiche représentant Ruhollah Khomeini, premier guide suprême de la République islamique (1979-1989), Ali Khamenei (1989-2026) et Moqtaba Khamenei, désigné début mars 2026.
AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
La guerre en Iran révèle la force d’une idéologie chiite qui transforme les défaites militaires en victoires symboliques et renforce la résilience du régime face aux États-Unis.
Des militaires surveillent un rassemblement organisé à Téhéran, le 9 mars, à l’occasion de l’officialisation de la désignation de Mojtaba Khamenei au rang de Guide suprême.
Atta Kenare/AFP
Thierry Kellner, Université Libre de Bruxelles (ULB) and Mohammad Reza Djalili, Institut des hautes études internationales et de développement de Genève
Le régime de Téhéran est fondamentalement irréformable. Seule une chute de la République islamique pourrait satisfaire la grande majorité des Iraniens.
Des pompiers tentent de sortir des corps de personnes tuées dans un bombardement ayant touché un immeuble d’habitation à Téhéran, le 27 mars.
AFP
L’ampleur des frappes, qui sont loin de ne cibler que les responsables de la dictature iranienne, invite à s’interroger sur les véritables buts de guerre de Washington et Tel-Aviv.
Une photo diffusée par la chaîne de télévision d’État Islamic Republic of Iran Broadcasting News (IRIBNEWS), le 2 mars 2026, montre Alireza Arafi, juriste membre du Conseil des gardiens, lors de la deuxième réunion du Conseil de direction provisoire, à laquelle ont assisté le président iranien et le chef du pouvoir judiciaire, à Téhéran.
AFP
À la faveur de la guerre déclenchée le 28 février, les Gardiens de la révolution ont encore raffermi leur emprise sur un régime qui tient bon malgré l’élimination de plusieurs personnalités de premier plan.
S’il est très compliqué, et très risqué pour les personnes concernées, de participer à des scènes de liesse en Iran à l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, les rassemblements festifs de membres de la diaspora se sont en revanche multipliés dans le monde entier pour célébrer cette nouvelle (ici à Tbilissi, Géorgie, des soutiens de Reza Pahlavi, devant l’ambassade iranienne).
Giorgi Arjevanidze/AFP
Chez de nombreux Iraniens, surtout les jeunes, le rejet du régime est absolu, et la situation actuelle offre peut-être l’occasion de le renverser.
Une frappe aérienne à Téhéran, le 1er mars 2026. Israël et les États-Unis ont lancé des opérations militaires qui vise trois cibles : les bases militaires, les défenses aériennes et les sites de missiles stratégiques, ainsi que les dirigeants.
(AP Photo/Vahid Salemi)
Même en parvenant à provoquer un changement de régime en Iran, les États-Unis et Israël risquent de créer une situation géopolitique encore pire.
Manifestation devant la Maison-Blanche le 28 février, après l’annonce du début de l’intervention en Iran. Les pancartes rappellent à Donald Trump qu’il s’était longtemps vanté d’être « le président de la paix » et exigent la publication intégrale des archives Epstein. L’opération de guerre contre la République islamique iranienne a débuté dans un contexte où les accusations contre le président s’accumulent aux États-Unis dans ce dossier.
Tasos Katopodis/Getty Images/AFP
Diversion alors que l’affaire Epstein ne cesse de prendre de l’ampleur ? Volonté de s’inscrire dans l’Histoire ? Quel que soit le calcul de Donald Trump, l’opération « Epic Fury » pourrait se retourner contre lui.
Téhéran, le 28 février 2026 au matin.
Atta Kenare/AFP
Des centaines de cibles militaires ont été visées en Iran, lequel a répondu en frappant Israël, mais aussi plusieurs autres pays de la région. Une désescalade est-elle encore possible ?
Le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, présente les détails des frappes du 21 juin sur l’Iran, lors d’une conférence de presse au Pentagone le 22 juin 2025.
Andrew Harnik/Getty Images/AFP
Avant l’instauration de la République islamique en 1979, l’Iran avait de bonnes relations avec Israël. Tel-Aviv espère voir revenir à Téhéran un régime qui lui est favorable. Un vœu pieux, sans doute.
Le 30 mai 2024, Bachar Al-Assad était à Téhéran, où il rencontrait le Guide suprême Ali Khamenei. Quelques mois plus tard, ce dernier a regardé sans s’engager les rebelles syriens renverser son allié de longue date.
KHAMENEI.IR/AFP
Le fameux « axe de la résistance » qui allait de l’Iran au Hezbollah en passant par l’Irak et la Syrie n’a été d’aucun secours à Bachar Al-Assad. Pour un ensemble de raisons très rationnelles.
Ce 20 mai 2024, les journaux iraniens annoncent la disparition du président du pays dans un crash d’hélicoptère. Ebrahim Raïssi était un ultraconservateur qui avait réagi avec la plus grande violence aux manifestations de la population sous le slogan « Femme, vie, liberté ».
Atta Kenare/AFP
Mort dans un accident d’hélicoptère, le président iranien était le successeur désigné du Guide suprême Ali Khamenei, âgé de 85 ans.
Conférence de presse du nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, le 21 juin 2021 à Téhéran. Au mur, un portrait de son protecteur, le Guide suprême Ali Khamenei.
Atta Kenare/AFP
Pendant huit ans, la présidence en Iran a été détenue par un « modéré », Hassan Rouhani. Les ultraconservateurs viennent de placer l’un des leurs à ce poste très exposé.
Associate Professor of International Relations and National Security Studies and Graduate Program Director for National Security Studies, Park University
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay